» Lors de mon dernier séjour à l’ashram de Neuville-aux-Bois, Swami Kailasananda nous a proposé une lecture commentée d’un texte de Swami Sivananda intitulé : « Pratiquez l’introspection régulièrement ».
J’ai trouvé ce texte si beau, et la conférence si inspirante, que j’ai souhaité les partager avec vous. En voici les idées principales.
Le point de départ est très simple : dans la vie moderne, notre attention est constamment tournée vers l’extérieur : travail, écrans, interactions sociales. Nous passons nos journées à agir, réagir, penser… jusqu’à l’épuisement. Mais à quel moment prenons-nous le temps de nous observer nous-mêmes ? C’est là qu’intervient l’introspection, qui consiste précisément à inverser ce mouvement : tourner le regard vers l’intérieur et observer ce qui s’y passe.
Concrètement, Swami Sivananda propose un exercice très accessible : prendre cinq à dix minutes (pas plus) chaque soir, avant de se coucher. S’asseoir confortablement, fermer les yeux, puis revenir sur sa journée. Pas dans les moindres détails, mais en observant l’essentiel : comment ai-je agi ? Comment me suis-je comportée avec les autres ? Ai-je su garder mon calme, ou ai-je été dominée par la colère, la jalousie ou l’impatience ?
L’objectif n’est ni de se juger ni de culpabiliser, mais d’observer avec honnêteté. Cette neutralité est essentielle : regarder ses erreurs comme si l’on observait quelqu’un d’autre, afin de prendre du recul. Sans cette prise de conscience, les mêmes schémas se répètent jour après jour et empêchent toute véritable évolution.
Il nous faut aussi apprendre à recevoir la critique. Nos interactions agissent comme un miroir. En prendre conscience et se dire : « Oui, il y a du vrai dans cette critique » est une étape inconfortable mais essentielle pour avancer. Nous avons tendance à nous justifier ou à rendre autrui responsable de nos comportements. Nous sommes en général très doués pour voir les erreurs des autres, mais beaucoup moins pour reconnaître les nôtres… Pourtant, c’est précisément là que commence le véritable travail sur soi. Nous commettons tous des erreurs, car nous sommes imparfaits par nature. Mais nous n’avons pas le pouvoir de changer les autres, seulement nous-mêmes !
Reconnaître une erreur ne signifie pas se dévaloriser. Il s’agit plutôt de comprendre : pourquoi ai-je réagi ainsi ? Et comment puis-je faire autrement ? La démarche est constructive. Et si le lendemain nous reproduisons la même erreur, il n’y a aucune raison de s’en vouloir. Inutile de suranalyser. En persévérant dans cette pratique d’observation, quelque chose s’éclaire progressivement. Le changement devient possible, à condition d’être patient avec soi-même et de ne pas céder à la petite voix qui dit : « Je n’y arriverai jamais » ou « Je suis comme ça, il n’y a rien à faire ». Lorsque nous cessons de nous considérer comme victimes de nos schémas, nous n’en sommes plus prisonniers. Nous devenons acteurs de notre propre transformation, et nous nous sentons plus libres.
Pour ma part, j’ajoute à cette pratique une autre routine d’hygiène mentale : celle de la gratitude. Prendre chaque jour quelques instants pour mettre en lumière le positif — un petit bonheur, une petite victoire intérieure, un moment de calme — apaise le mental et aide à trouver davantage de satisfaction dans nos expériences du quotidien.
Je vous encourage vivement à lire (et relire) le texte original de Swami Sivananda. Il est court, mais d’une grande profondeur. »
Catherine L.
