Françoise, ou le chemin vers la paix intérieure
Comme une respiration au milieu de l’agitation quotidienne, la rencontre avec Françoise nous a permis d’entrevoir les effets profonds d’une pratique spirituelle tout au long d’une vie.
Réunies en cercle dans une atmosphère détendue et attentive, nous avons écouté Françoise retracer son parcours avec sincérité et simplicité.
C’est dans les années 1980, alors qu’elle traverse une période de profonde remise en question, qu’elle commence sa pratique bouddhiste. Son chemin la conduit d’abord vers la tradition japonaise de Nichiren Daishonin, avant de l’amener à explorer le bouddhisme tibétain.
Au fil des années, Françoise approfondit sa pratique auprès de lamas en Bourgogne, ainsi qu’au Japon et au Tibet. Lorsqu’elle évoque sa rencontre avec le dalaï-lama, son visage s’illumine : « C’était un moment d’amour pur et d’humanité », s’exclame-t-elle avec une émotion qui rend la scène presque palpable. Elle exprime aussi son admiration pour Thich Nhat Hanh, maître zen vietnamien dont la simplicité joyeuse et l’absence de dogmatisme ont nourri sa pensée.
Après avoir exploré ces différentes voies, elle est récemment revenue à la tradition de Nichiren, comme un retour aux sources.
Un ancrage dans le quotidien
Mais au-delà des voyages et des rencontres, c’est dans la vie de tous les jours que Françoise inscrit sa pratique. Chaque matin, pour calmer le mental, elle prend le temps de méditer, et de réciter « Om Mani Padme Hum », le mantra associé à la compassion dans la tradition tibétaine. Elle envoie également des pensées positives à ses proches et pense aux personnes disparues, une manière de maintenir le lien autrement.
Dans sa résidence pour seniors, elle s’est créé un espace sacré, avec un petit autel, un Gohonzon (parchemin au cœur de la pratique de Nichiren) et une thangka (peinture ou broderie sacrée tibétaine). L’ensemble dégage une énergie particulière, une atmosphère à la fois chaleureuse et apaisante, propice à la méditation.
De la pratique intérieure à la transmission
Dans les premiers temps, Françoise médite pour traverser ses propres difficultés. Au fil des années, cependant, sa démarche évolue et devient altruiste.
« Le but, c’est de trouver le bonheur ici et maintenant, et de rendre heureux les autres » nous explique-t-elle.
Aujourd’hui, elle soutient une résidente qui a traversé un choc émotionnel en récitant chaque jour à ses côtés le mantra de Tchenrézi, personnification de l’amour universel.
Ses enfants, témoins de sa transformation intérieure, ont reçu par son exemple des valeurs essentielles : ne pas juger, savoir se relever après les épreuves et cultiver l’art du bonheur dans l’instant présent.
Ce qui est marquant dans ce récit, c’est que son parcours n’a rien d’un chemin tout tracé. Il est vivant, fait d’étapes, de transformations et de retours à soi. Aujourd’hui, Françoise contemple son existence avec gratitude.
« Je réalise que j’ai eu une belle vie, un beau chemin », conclut-elle.
Une quête universelle
Françoise résume les bienfaits de sa pratique :
« Le bouddhisme nous permet de nous connaître et de ne plus avoir peur ; on se lance, on devient plus fort .
La pratique a été un vrai support pour moi dans ma vie. Le but étant d’être heureux. »
Et au fond, n’est-ce pas là l’essence même du yoga ?
Deux chemins distincts, mais une seule quête : conscience, compassion et liberté intérieure.

